Rencontre avec un chacal et une girafe

Rencontre avec un chacal et une girafe

Dans la savane, …

 

Chacal CNV

Dans la savane, un chacal vit dans les hautes herbes. Court sur pattes, il est à l’affut. Il est sur ses gardes, prêt à se battre. Ou bien s’il le faut, à fuir. La peur le mène à creuser des tanières dans lesquelles il se réfugie.  Entre les chacals, une hiérarchie est établie et respectée. Quand un autre animal représente un danger, il le mordille jusqu’à ce que l’indésirable s’en aille. Quand lui-même est le prédateur, il court après sa proie, la mord, et quand elle tombe, il l’achève. Il peut aussi sauter directement sur une plus petite proie. Pour communiquer, les chacals grognent et crient. D’autre part, le chacal est sociable et aime jouer. Ses jeux ressemblent à sa vraie vie: se pourchasser, se battre pour une brindille.

 

Dans la savane, une girafe vit dans les hautes herbes. Haute sur pattes, elle a une allure élégante. Sa démarche est souvent lente, mais elle peut atteindre 50km/h! Son long cou lui permet d’avoir une vue d’ensemble sur le paysage. Elle peut repérer un humain à deux kilomètres. Son poids (elle est l’un des mammifères les plus lourds du monde) lui confère une force tranquille, bien ancrée sur le sol. Afin de pouvoir envoyer le sang jusque dans sa tête, à 5m de hauteur, elle a un très gros cœur: il pèse 12kg.

La girafe aussi est sociable, mais avec souplesse et liberté. Dans la ‘société girafe’, l’individu est la base même si elles vivent généralement en petits groupes. Les girafes peuvent vivre seules, ou en ensembles allant de deux à quinze individus. Les associations varient au fil du temps, une girafe peut quitter un groupe pour vivre un peu seule ou pour rejoindre un autre groupe. Vu la souplesse des groupements, même s’il y existe une hiérarchie, elle est toujours temporaire.

Par contre, la solidarité est toujours de mise. La girafe la plus grande adopte systématiquement un rôle protecteur. Lorsqu’elles broutent, l’habitude est à la coopération. Les girafes occupent chacune une place avec une vue différente sur l’horizon de façon à couvrir tous les angles. Le seul prédateur réel de la girafe est le lion. Et encore: il doit bien se cacher et attendre qu’une girafe soit en position de faiblesse (tête baissée) pour attaquer. Une fois déstabilisée, toute la meute de lions doit accourir pour la tuer. Si une girafe voit un lion, elle ne fuit pas. Elle tend le cou et ne le perd pas de vue. Dans ce cas, il ne l’attaquera pas parce qu’il sait qu’elle peut le tuer d’un coup de sabot.

La girafe a bien sûr besoin d’eau pour vivre. Néanmoins, si elle ne trouve pas de quoi boire, elle trouve d’autres solutions. Par exemple manger des plantes qui contiennent 50 à 75% d’eau. Elle peut même se passer de boire pendant plusieurs jours. Pour manger, la girafe préfère par dessus tout l’acacia. Les piques de l’acacia ne l’empêchent pas de s’en nourrir.

Enfin, même si les girafes peuvent émettre des sons, elles communiquent surtout par leurs attitudes ou comportements.

Girafe CNV

Source d’inspiration pour le contenu et crédit photo: http://www.larousse.fr/encyclopedie/vie-sauvage/girafe/178172, http://www.larousse.fr/encyclopedie/vie-sauvage/chacal/184028

Pourquoi un chacal et une girafe?

 

marionnette chacal CNVJ’aime beaucoup le chacal. Peut-être parce que dans la philosophie de la Communication NonViolente, il représente nos comportements habituels. Ceux que la plupart d’entre nous ont acquis depuis tout petits. ‘Mon chacal’ m’est familier. Parfois il grogne ou crie. Il peut attaquer. Parfois, il se terre dans sa tanière parce qu’il vit dans la peur.

Etant court sur pattes, il a peu de recul. Il est dans l’action et la réactivité. Il cherche le résultat, visant à servir ses propres bénéfices immédiats. A l’instar du jeu où ils se battent pour une brindille, je vois un parallèle avec notre propension à nous “battre” pour avoir raison. A la fin du jeu, il y a un gagnant et un perdant.

 

marionnette girafe CNVUn jour, grâce à la CNV, j’ai découvert que nous avions aussi un côté ‘girafe’. Une autre facette d’une seule et même pièce. J’ai appris et j’apprends encore à développer ce côté-là. La girafe aussi, je l’apprécie. Beaucoup même. Elle incarne le recul que l’on peut avoir sur une situation. La conscience et la clarté que cela peut apporter. Elle est calme et ancrée: son attitude évoque la confiance (en soi, en la vie). Elle a un cœur énorme, symbole de l’amour bien sûr. C’est à partir de ce cœur que l’on s’exprime quand on utilise la CNV. Les girafes sont bienveillantes et pacifistes. Et elles ne se laissent pas faire. Elles sont capables de tuer pour se protéger. Même si elles n’utilisent cette force que dans un but de protection. Elles ne fuient d’ailleurs pas le lion: elles adoptent une attitude assertive.

Tout comme dans la philosophie de la CNV, l’être prime sur le langage. L’intention prime sur les mots.

La girafe choisit librement de rejoindre un groupe ou non. D’y rester ou non. Cela représente pour moi les notions de liberté et de responsabilité qui me sont chères dans la CNV. De la même manière, dans chaque groupe émerge un leader à des fins pratiques. Néanmoins, chaque individu a la même importance. Le chef d’un groupe n’a pas de pouvoir étendu car il n’occupe cette fonction que temporairement. Le leader est donc avant tout un individu qui se place au service du groupe.

La girafe a besoin de boire. Sa stratégie première est bien sûr de boire de l’eau. Si elle n’en trouve pas, elle trouve d’autres stratégies. Elle peut aussi attendre, et combler ce besoin un peu plus tard. De la même manière, la CNV met l’accent sur l’importance des besoins. Et sur le fait que plusieurs stratégies peuvent satisfaire un besoin. Le plus important est que le besoin soit reconnu. Parfois, il arrive qu’il soit nourri plus tard.

Enfin, la girafe aime manger les feuilles d’acacia, malgré les épines. A mes yeux, la CNV permet de ‘se nourrir’ de ce que l’autre apporte ou dit, même s’il l’emballe avec des piques (= jugements, reproches, …).  Nous allons alors voir au-delà des ‘épines’ quels sont les sentiments et les besoins de la personne. Le lien avec la personne est plus important que le résultat. Le jeu est un jeu gagnant-gagnant.

 

A vous: Retrouvez-vous dans vos souvenirs proches des moments où vous êtes plutôt “en mode chacal”? D’autres où vous êtes plutôt “en mode girafe”?

Une fois qu’on en a conscience, on peut commencer à choisir. C’est le début d’une nouvelle liberté!

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2 réactions au sujet de « Rencontre avec un chacal et une girafe »

  1. J’adore 🙂 Merci pour cet article ! C’est super clair, et j’aime beaucoup, après la partie « zoologie » la partie « interprétation cnv ».

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